T. Sauvé

Rencontre avec Marie-Catherine Massé

Passionnée de lutherie depuis l’adolescence, Marie-Catherine découvre cet univers le jour où elle accompagne son grand-père chez le luthier chargé de réviser son violon. Séduite par le bois, les outils et le savoir-faire du luthier, elle se forme à la Bottega di Parma en Italie, puis approfondit ses connaissances en instruments baroques au West Dean College en Angleterre. Elle se spécialise ensuite dans la restauration d’instruments au sein d’ateliers londoniens tout en perfectionnant son savoir-faire.
En 2022, elle installe son atelier à Ganges, dans une ancienne bonneterie réaménagée.

Retrouvez Marie-Catherine dans notre magazine de destination Sud Cévennes Rencontre Sauvage n°5

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En quoi consiste ton métier ?

Mon métier possède plusieurs facettes. La principale, et la plus importante, est la fabrication de violons, altos, violoncelles, contrebasses et violes de gambe. J’assure également la restauration et la maintenance des instruments, ainsi que la location pour les enfants et adultes souhaitant s’initier à la pratique musicale. Je collabore notamment avec l’école de musique du Vigan, en prenant soin de leurs instruments et en réparant, entre autres, des archets cassés !

Qu’est-ce qui t’a motivée à installer ton activité en Sud Cévennes ?

A mon retour en France en 2017 j’ai ouvert mon premier atelier à Béziers. Cependant, avec mon conjoint, nous étions amoureux de la région et profitions de week-ends pour nous évader dans les Gorges de la Vis, près de Gorniès. Peu à peu, nous avons décidé de nous y installer et avons racheté l’ancienne usine de bonneterie. Après un an et demi de travaux pour aménager l’atelier, nous avons acquis notre maison et nous y sommes définitivement installés en 2022.

Quelles sont les étapes de fabrication d’un instrument ?

Le processus de création varie selon chaque instrument. Tout commence par le choix du bois, élément essentiel puisqu’il influence la sonorité. En lutherie traditionnelle, l’érable est utilisé pour le fond, les éclisses et le manche, l’épicéa pour la table, et l’ébène pour la touche. Pour les violes de gambe, d’autres essences comme le noyer ou le cerisier peuvent être privilégiées.

Je débute par le fond, que je rabote et ajuste à l’épaisseur souhaitée, de quelques millimètres. Ensuite, je façonne les éclisses : ces fines lamelles de bois de 1,5 mm d’épaisseur sont cintrées à chaud pour épouser la forme de l’instrument. Vient alors la sculpture de la table, qui, à la différence de celle d’une guitare, présente une voûte. Après avoir creusé l’intérieur pour atteindre l’épaisseur idéale, j’ajoute les ouïes et la barre d’harmonie, puis assemble la caisse en fermant l’ensemble. Les bords sont ensuite abaissés et le filet posé.

Vient alors ma partie préférée : la réalisation du manche. Sur les violes de gambe, les têtes sculptées confèrent une identité unique, une certaine personnalité à l’instrument ! Un détail que j’affectionne particulièrement. Enfin, je termine par la touche et le cordier, confectionnés en érable avec un placage en ébène, avant d’appliquer le vernis final.

Quels sont les événements dans la région où l’on peut apprécier ces instruments ?

Dans la région je pourrais citer trois grands festivals où l’on peut apprécier ces instruments : le Festival du Vigan, le Festival de l’Alto à Lasalle, auquel j’ai d’ailleurs participé, et le Festival Boulegan à l’Ostal à Saint-Jean-du-Gard.

Peut-on visiter ton atelier ?

Bien sûr ! Sur rendez-vous, du lundi au vendredi, je vous accueille avec plaisir pour vous faire découvrir mon atelier. Vous pourrez observer les différentes étapes de fabrication des instruments, en apprendre davantage sur les bois utilisés et échanger autour du savoir-faire de la lutherie. N’hésitez pas à me contacter pour convenir d’un moment de visite !

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